DIAL D 2118 du 1-15 décembre 1996
Mots-clés : Drogue, paysans, politique agraire, pauvreté, répression, guérilla, ingérence.
LES CULTURES DE LA DISCORDE

La lutte contre la culture des plantes servant à la production de drogues interdites est la source d’une répression croissante en Colombie et représente un coût très élevé pour les communautés paysannes concernées. Dans les départements de Guaviare, Caquetá et Putumayo, principales zones de culture de coca et de pavot, de violents affrontements entre paysans et policiers se succèdent. Selon des sources officielles, il y a en Colombie 39 800 ha de coca, 20 200 de pavot (10 % de la production mondiale) et 5 000 de marijuana. Cependant le Centre de recherche et d’éducation populaire (CINEP) assure qu’il y a, en plantation de cocaiers, de 140 000 à 180 000 ha et que quelque 400 000 personnes vivent directement de cultures illicites. Depuis 1995 le gouvernement a tenté d’éradiquer ces cultures par épandage de produits fumigènes qui ont provoqué de graves problèmes pour le milieu naturel et la santé des hommes. On observe par ailleurs une dépendance croissante vis-à-vis de Washington, et une militarisation inquiétante liée au développement de la guérilla . Les articles ci-dessous montrent pourquoi les paysans des départements de Guaviare, Caquetá et Putumayo, se sont orientés vers les productions en question, comment ils vivent dans une telle situation et quelle pourrait être une politique qui s’attaquerait au fléau de la drogue sans en faire pâtir les plus pauvres. Les deux premiers textes ci-dessous sont parus dans Noticias Aliadas, 22 août 1996 (Pérou), le troisième a été publié sous la plume de Ricardo Vasas Mesa dans Campo Adentro, août 1996 (bulletin sur l’agriculture publié par le Centre de recherche et d’éducation populaire, Santafé de Bogotá, Colombie).