DIAL D 2123 du 1-15 janvier 1997
Mots-clés : Paysans, terre, processus de paix, guérilla, résistance.
LA SITUATION DE LA TERRE
DANS LA COMMUNAUTE PRIMAVERA DEL IXCAN

Le 29 décembre 1996 ont été signés les accords de paix entre le président du Guatemala, Alvaro Arzœ et l’Union révolutionnaire nationale guatémaltèque (URNG). L’événement est d’une importance considérable puisqu’il met fin à l’une des dernières et des plus anciennes guérillas d’Amérique latine. Selon les déclarations du Centre d’action légale en matière de droits humains (CALDH) et le Programme oecuménique sur l’Amérique centrale et les Caraïbes (EPICA) “les organisations de droit humain nationales et internationales s’accordent à dire qu’au Guatemala, durant les deux dernières décennies, environ 50 000 personnes ont été portées disparues, 150 000 ont été tuées, 250 000 ont été forcées à l’exil, 1 000 000 de personnes ont été déplacées, 45 000 femmes sont devenues veuves et des milliers et des milliers d’enfants sont devenus orphelins”.
Un document émanant des Comités de populations en résistance (CPR) au sujet de leur installation sur des terres agricoles (compte tenu du retour de populations exilées), leur mode original d’organisation et leur projet d’avenir pour cette année 1997. Pour comprendre ce que sont les CPR il faut savoir que la stratégie militaire de la lutte anti-guérilla mise en place au début des années 80 pour contrôler la population indienne a eu trois effets : une partie de cette population s’est réfugiée au Mexique , une autre a été intégrée de force dans les villages-modèles recréés par l’armée , et une troisième partie s’est cachée dans les montagnes du nord . Durant 12 ans, celles-ci ont refusé pacifiquement le contrôle qu’imposaient les militaires sur l’ensemble du pays. Regroupant diverses ethnies et diverses obédiences religieuses, leur niveau d’organisation leur a permis de résister à la peur et à la répression et de ne pas être embrigadés de force dans les Patrouilles d’autodéfense civile (PAC) et dans les villages-modèles. Jusqu’à la signature de l’Accord pour la réinsertion de la population déracinée en juin 1994, elles n’étaient pas reconnues explicitement et officiellement comme population civile par le gouvernement. Aujourd’hui, elles sollicitent l’aide de la communauté internationale pour permettre leur transfert sur de nouvelles terres et pour assurer leur sécurité et leur pérennité. La question de l’accès à la terre reste toujours aussi urgente pour les paysans guatémaltèques, mais enfin, la paix est là !