DIAL D 2154 du 16-31 mai 1997
Mots-clés : Militaire, démocratie, constitution, terrorisme.
PINOCHET, TOUJOURS INCONTOURNABLE

Le général Pinochet n’a jamais quitté la scène politique chilienne. Ayant été le maître d’oeuvre de la Constitution de 1980, il a su assuré sa propre permanence dans les institutions du pays. Lorsqu’il prendra sa retraite du commandement de l’armée en mars 1998, après 63 années de services, il siégera au Sénat chilien. Les projets d’amendement de la Constitution entrepris depuis 1990 par les deux présidents démocratiques qui se sont succédés se sont souvent heurtés à l’opposition des partis de droite et des sénateurs désignés par le général Pinochet. En mars dernier le président Eduardo Frei a présenté un projet de loi destiné à supprimer ces sénateurs non élus ainsi qu’à progresser dans la démocratisation des institutions telles que le Conseil national de sécurité, où sont largement représentées les forces armées. Toutefois ce projet ne remet pas en question le siège au Sénat du général Pinochet. Perspectives et négociations actuelles font l’objet de l’article ci-dessous de Pascale Bonnefoy, publié par Noticias Aliadas, avril 1997 (Équateur). D’autre part, suite à la spectaculaire évasion le 30 décembre 1996 de la prison de haute sécurité, de quatre dirigeants du mouvement d’extrême gauche Front patriotique Manuel Rodriguez, le général se dit prêt à s’engager, avec les services de son armée spécialisée, dans la lutte contre le terrorisme. C’est ce que rappelle le deuxième article publié ci-dessous, paru dans Clarín, le 19 janvier 1997, Buenos Aires (Argentine).