DIAL D 2200 du 1-15 février 1998
Mots-clés : Armée, guerre sale, guérilla, disparus, torture, impunité.
TEXTE INTÉGRAL DE L'INTERVIEW DU CAPITAINE ASTIE,
SYMBOLE DE LA RÉPRESSION PENDANT LA DICTATURE MILITAIRE

L’interview du capitaine Astiz publiée par la revue Trespuntos le 14 janvier 1998 a suscité une émotion considérable en Argentine et dans de très nombreux pays. Alfredo Astiz, capitaine de la marine de guerre argentine, est connu internationalement pour son rôle durant la répression qui sévit sous la dictature militaire (1976-1983). Il a été impliqué dans des enlèvements, tortures et disparitions, notamment dans le cas de deux religieuses françaises, Alice Domon et Léonie Duquet enlevées en 1977. Après le retour de la démocratie, une amnistie a été prononcée grâce à la loi du “Point final” présentée par le président Raul Alfonsin et adoptée en décembre 1986, et à la loi de l’“Obéissance due” adoptée en juin 1987, exemptant de poursuites judiciaires tous les officiers de rang inférieur au grade de lieutenant-colonel.
Frappé par un mandat d’arrêt international émanant des autorités françaises, le capitaine Astiz vivait libre à Buenos Aires où il était de plus en plus souvent pris à partie quand il sortait dans la rue. Suite à ses déclarations dans Trespuntos, de très nombreuses plaintes ont été déposées contre lui. Mis aussitôt aux arrêts, il a finalement été destitué par le président Menem le 24 janvier 1998, pour avoir fait preuve dans cette interview d’un comportement “irresponsable... qui affecte gravement le prestige de l’armée et d’autres institutions” (Décret 83/98).
Texte intégral de l’interview réalisée par Gabriela Cerruti, directrice de la revue Trespuntos et publiée le 14 janvier 1998 et un bref extrait des propos complémentaires publiés par la même revue dans le numéro suivant du 21 janvier .