DIAL D 2202 du 1-15 février 1998
Mots-clés : Santé, néolibéralisme, politique sociale, privatisation.
LA SANTÉ MUNICIPALISÉE

Le système de santé chilien a longtemps été érigé en modèle de référence en Amérique latine. Mais depuis les années 90, il est traversé par de nombreux conflits. Un jour, c’est la question des “subventions” (il s’agit en fait de réductions d’impôts) accordées aux entreprises afin de permettre à leurs salariés d’avoir accès à un plan de santé privé dans le cadre des Institutions prévisionnelles de santé (ISAPRE) qui fonctionnent par capitalisation individuelle administrée par des sociétés privées qui en tirent d’importants profits. Un autre jour, c’est la grève de la Confédération nationale des travailleurs de la santé (CONFENATS). C’est ensuite le tour des médecins et des agents assurant les premiers soins de base ; plus tard, c’est la réforme du Fonds national de santé (FONASA), système de prévoyance publique. Aujourd’hui le conflit porte sur le financement des dispensaires qui avaient été municipalisés et dont les maires réclament qu’ils retournent sous la tutelle du ministère de la santé. Le problème de fond en matière de santé est à la fois économique et politique. Alors que le Chili connaît depuis plusieurs années un fort taux de croissance, le budget public consacré à la santé est faible. Quant à l’usager, il n’est pas inclus dans les débats.
Article paru dans Mensaje, novembre 1997 (Santiago).