DIAL D 2205 du 16-28 février 1998
Mots-clés : Procès, justice, dictature, disparus.
LE PROCES DE PINOCHET EN ESPAGNE

Le général Pinochet qui se prépare à devenir sénateur à vie à partir du 11 mars prochain, est jugé en Espagne par l’Audiencia Nacional, tribunal suprême de la justice espagnole. Cette instance a ouvert un procès pour crime contre l’humanité, dans lequel Augusto Pinochet est accusé d’être le principal responsable des crimes de lèse-humanité : tortures, disparitions de détenus et assassinats commis pendant la dictature militaire contre des ressortissants espagnols et des Chiliens. Parmi les cas considérés se trouvent, entre autres, l’assassinat par la DINA du diplomate Carmelo Soria, celui de Joan Alsina, prêtre fusillé en 1973 et celui d’Antonio Llidó, arrêté et disparu. Ce procès tenu à Madrid a provoqué une certaine tension entre le gouvernement chilien et l’Espagne. Toutefois, pour les magistrats espagnols et pour les témoins, nombreux à déclarer dans ce procès, le fait que ce jugement n’ait pas d’effets juridiques au Chili est secondaire, car ce qui importe ici est la sanction morale au niveau international contre l’ancien dictateur. Par ailleurs, au Chili, où l’on n’avait jamais intenté le moindre procès contre Pinochet, un procès s’est ouvert contre lui ces dernières semaines à la demande de la député du Parti communiste Gladys Marin. Texte paru dans La Epoca du 10 février 1998 (Santiago du Chili).