DIAL D 2222 du 15-31 mai 1997
Mots-clés : Écologie, indiens, démographie, développement, marginalisation, population, spoliation.
IL Y A URGENCE ECOLOGIQUE
El Salvador, ce pays d’Amérique centrale peuplé d’un peu moins de six millions d’habitants pour une superficie vingt-six fois inférieure à celle de la France, connaît la paix après douze ans de guerre civile, mais se trouve toujours confronté à de graves difficultés. Ce pays connaît un taux de violence particulièrement élevé. On parle moins de la gravité de la situation écologique. Pour comprendre la rupture des équilibres et la détérioration de l’environnement, il faut remonter au début de l’époque coloniale avec son cortège de spoliations et d’exploitations - aussi bien des terres que des hommes - et dont les effets se font toujours lourdement sentir. C’est l’histoire de l’indigo, du café et plus tard du coton. Aujourd’hui, le danger vient de la surpopulation des villes, d’une industrialisation polluante, de l’emploi indiscriminé de pesticides, de la crise de l’eau, d’un processus continu d’érosion et de désertification, etc. Mener la lutte pour arrêter cette dégradation, déjà irréparable pour une part, est devenu un pari contre la montre. Une loi pour la protection de l’environnement est d’ailleurs en débat, loi jugée trop timide par les uns et attentatoire aux intérêts privés par les autres. L’article, signé par Ismael Moreno Coto sj, est paru dans Envio, décembre 1997 (Nicaragua).