DIAL D 2274 du 1 au 15 février 1999
Mots-clés : Enquête, mémoire, culture autochtone, idéologie, répression, résistance.
À PROPOS DU DÉBAT SUR RIGOBERTA MENCHU
PRIX NOBEL DE LA PAIX
Un anthropologue des États-Unis, David Stoll, a enquêté pendant dix ans sur la véracité des épisodes de la vie de Rigoberta Menchu, Prix Nobel de la Paix de 1992, tels qu’elle les a racontés à Elisabeth Burgos dans le livre Moi Rigoberta Menchu (Gallimard, 1983). Les conclusions de D. Stoll ont été reprises dans un article du New York Times du 15 décembre 1998 et, depuis lors, ont été largement diffusées dans la presse. L’anthropologue reproche au Prix Nobel de décrire des expériences qu’elle n’a jamais vécues et d’avancer des données inexactes notamment sur les conflits de son père avec de riches propriétaires terriens, la mort de son frère Patrocinio, son absence de scolarité, etc. Les affirmations de D. Stoll ont évidemment suscité des réponses mettant en cause sa compréhension de la situation, ses sources d’information, ses orientations idéologiques et son appartenance à une Église protestante au rôle contesté. Le point de vue des défenseurs de Rigoberta Menchu, d’autant plus que la presse française s’en est peu fait l’écho : tout d’abord, celui de la Fondation Rigoberta Menchu, que l’on peut considérer comme la réponse la plus officielle et la plus proche du Prix Nobel, ensuite, et sous forme d’extraits, celui de Arturo Arias, anthropologue et de Arturo Taracena, écrivain et historien qui fut représentant en Europe de l’Union nationale révolutionnaire guatémaltèque (UNRG) et conseiller de Rigoberta Menchu pendant plusieurs années.