DIAL D 2351 du 1 au 15 mars 2000
Mots-clés : Politique ecclésiale, Église-État, hiérarchie, diplomatie.
La politique du Vatican au Chiapas
Secrétairerie d'État, nonciature, "club de Rome" et gouvernement mexicain
Le déplacement de Mgr Raœl Vera au diocèse de Saltillo alors que, comme évêque coadjuteur, il aurait dû normalement succéder à Mgr Samuel Ruiz au diocèse de San Cristóbal de Las Casas est perçu, en dépit des démentis officiels, comme une mise en cause de la pastorale indigène, de la défense des droits des populations indigènes et du rôle en faveur de la paix tels qu’ils avaient été mis en Ïuvre dans ce diocèse phare du Mexique (cf. DIAL D 2344, 2345, 2350). Comment cette décision a-t-elle été prise ? Qui en est ou en sont les agents ? Répondre à ces questions, c’est décrire un jeu de pouvoir. La réponse se trouve au croisement des forces religieuses et politiques qui sont à l’Ïuvre au Vatican, parmi les évêques mexicains (dont le groupe appelé “Club de Rome”) et au sein du gouvernement mexicain. Le départ du nonce Justo Mullor, trop favorable à Samuel Ruiz (en dépit de certaines apparences diplomatiques), n’est qu’un pas supplémentaire dans l’application d’une ligne politico-religieuse dont le chef d’orchestre reste le secrétaire d’État du Vatican, Angelo Sodano. Article de Carlos Fazio, paru dans La Jornada, 12 février 2000 (Mexico).