DIAL D 2391 du 16 au 31 juillet 2000
Mots-clés : Disparus, impunité, droits de l'homme, loi, dictature.
Les détenus disparus au Chili
Texte de l'accord réalisé à la "Table de dialogue" sur les droits humains 

Le mardi 13 juin un accord a été signé - principalement entre le gouvernement et les forces armées - pour faciliter la recherche des restes des détenus disparus pendant la dictature d’Augusto Pinochet (1973-1990). Cet accord est le fruit du travail effectué au cours de la “Table de dialogue” lancée il y a 9 mois par le gouvernement précédent et que le président Lagos a fortement soutenu au cours des journées difficiles précédant la signature. C’est la première fois que les forces armées reconnaissent “les graves violations des droits humains commises par des agents de l’État pendant le gouvernement militaire”. Toute forme d’accession au pouvoir par d’autres voies que celle de la démocratie est formellement bannie. Les forces armées s’engagent à fournir dans les 6 mois toute information utile à la découverte des restes des détenus disparus. Les informateurs seront protégés par le secret professionnel. Les partis de la Coalition au pouvoir, le candidat de la droite aux dernières élections présidentielles, les présidents du Sénat, de la Chambre des députés, de la Cour suprême de justice, l’archevêque de Santiago s’accordent pour qualifier d’historique ce document. Parmi les désaccords, il faut mentionner ceux de l’Association des familles de détenus disparus et du Parti communiste qui ne croient pas que l’Armée fera en 6 mois ce qu’elle a refusé de faire en 10 ans ou qui interprètent l’accord comme un moyen pour les militaires d’échapper à la justice. Nous publions le texte intégral de l’accord.