DIAL D 2403 du 16 au 30 septembre 2000
Mots-clés : Crise politique, corruption, crise sociale, mobilisation, leadership.
UN COLONEL EXPLIQUE SA RÉBELLION
Le 21 janvier, le colonel Lucio Gutiérrez, aujourd’hui officier de réserve, fut l’élément clé lors de l’occupation de l’édifice du Congrès national par les indigènes et les travailleurs qui protestaient contre la politique économique du président de l’époque, Jamil Mahuad. Accompagné de 18 officiers, Gutiérrez se dirigea vers le Congrès et empêcha que les forces de répression ne tirent sur le peuple. Avec l’occupation du Congrès, la crise politique se précipita et Mahuad fut obligé d’abandonner le pouvoir et le pays. Mais l’establishment politique réussit au dernier moment à tromper les forces populaires et à reprendre le contrôle de la situation, en portant au pouvoir le vice-président Gustavo Noboa (cf. DIAL D 2347 et 2352).Le jour suivant, Gutiérrez et ses compagnons furent arrêtés et gardés dans des quartiers militaires pendant 138 jours. Amnistiés par le Congrès, ils furent relâchés mais ne purent réintégrer leurs fonctions.De passage au Brésil, Gutiérrez a accordé une entrevue exclusive au Correio da cidadania, parue dans cette publication le 28 août 2000.