DIAL D 2457 du 15 au 31 mars 2001
Mots-clés : Impunité, Justice, Droits de l'homme
Une remise en cause de l'impunité protégeant de nombreux auteurs de violations des droits de l'homme au temps de la dictature
Le 6 mars, le juge fédéral argentin Gabriel Cavallo a déclaré invalides, inconstitutionnelles et nulles les lois de l'Obéissance due et du Point final, lois que le président Raśl Alfons’n avait fait voter en 1987 et qui garantissent l'impunité de quelque 1 180 militaires, policiers et civils, auteurs de graves violations de droits de l'homme. Le juge a pris cette décision dans le cadre d'une instruction à l'encontre de deux personnes accusées de l'enlèvement de Claudia Poblete, alors âgée de huit mois, fille de Gertrudis Hlaczik et José Poblete. Arrêtés et jugés, les deux auteurs de l'enlèvement avaient bénéficiés de la loi de l'Obéissance due. La décision du juge Cavallo fait grand bruit puisqu'elle ouvre la porte à d'ultérieurs procès à l'égard notamment des militaires amnistiés. Seule une décision de la Cour suprême de justice pourrait annuler celle du juge. L'avocat Horacio Verbitsky, qui avait sollicité cette décision du juge, donne son point de vue sur une évolution qui touche aussi d'autres pays d'Amérique latine. Il veut poursuivre sa tache en portant devant la justice les cas de la jeune franco-argentine Anne-Marie Erize et des deux religieuses françaises Alice Domond et Léonie Duquet (cf. DIAL D 1243, 1434, 1517, 1816, 1932, 2200). Texte paru dans Página 12 du 7 mars 2001.