Qui na un jour ou lautre désespéré
de voir naître la paix en Colombie ? Ce pays est déchiré
depuis quatre décennies par une guerre intérieure qui
sest intensifiée ces dernières années, avec
un lot quotidien de morts, séquestrations, déplacements
de population. De façon variable selon leurs implantations, les
villages sont soumis aux rudes harcèlements des mouvements de
guérilla et des paramilitaires, sans que larmée
officielle ne joue son rôle protecteur. Le récit qui suit,
dû à la plume de Gustavo Perez Ramirez, retrace létonnante
rencontre des habitants dun village avec des membres de la guérilla,
la naissance dun dialogue, laffirmation sans fard des exigences
humaines de la part de la population, la mise en oeuvre dun geste
simple daccueil de la part de la guérilla (préparer
à manger), sans compter le partage dune pratique religieuse
populaire (la récitation du Rosaire) dans laquelle se retrouvent
guérilla et population civile. Les enlévements sont contestés
et la guérilla remet en cause certaines de ses pratiques. La
libération a lieu. Ce récit étonnant montre quun
dialogue vrai est possible, quune perspective de paix est envisageable.
L'aphorisme selon lequel il est très difficile de vaincre un
peuple uni a été mis en action par les habitants de Santa
Rosa (dans le Sur de Bolívar), qui, surmontant toutes sortes
d'obstacles, sont allés jusqu'aux campements de la guérilla
pour exiger la libération de leurs séquestrés.
Et ils 1'ont obtenue.
A quatre heures du matin, le vendredi 30 août des fusées
ont été lancées en l'air pour réveiller
les habitants de Santa Rosa, village du Sud Bolívar traditionnellement
harcelé par les différentes forces en conflit. Peu à
peu les habitants se rassemblent sur la place centrale, en plein brouillard.
Carmen Hernandez et un groupe de 23 amis et parents de Luis - un jeune
homme de 19 ans séquestré par la guérilla - chargent
un ballot de pains de maïs dans un petit camion, à côté
des occupants entassés mais enthousiastes. Certains agitent des
drapeaux blancs, d'autres le tricolore colombien. « Il faut
être prêts à toute éventualité »,
dit un des amis de Luis. Plus de 500 personnes - parmi lesquelles des
commerçants, des enfants, des professeurs et des élèves
des écoles - se joignent à la caravane pour exprimer leur
solidarité avec les familles des séquestrés. Des
volontaires offrent une quarantaine de véhicules pour transporter
les villageois qui ont décidé daller à la
recherche des commandants régionaux des FARC (Forces armées
révolutionnaires de Colombie) et de l'ELN (Armée de libération
nationale). Les habitants de Santa Rosa, désespérés
par le harcèlement des groupes armés, ont décidé
de s'unir pour exiger le respect de la population et la libération
des séquestrés de leur village. Des représentants
des groupes de guérilleros ont confirmé, par un communiqué
conjoint, qu'ils les recevraient pour discuter. Isidoro Galvis, ex-maire
de Santa Rosa, demande que chaque véhicule nomme un coordinateur.
« Nous allons nous assurer que chacun de nous, présent
au départ, soit là au retour », affirme-t-il.
Quinze minutes après le départ pour le rendez-vous, en
pleine incertitude, la caravane - avec à sa tête la Toyota
bleue de 1'évêque du diocèse de Magangue, Mgr Leonardo
Gomez Serna - tombe sur un barrage de 1'Armée. Des soldats inspectent
un à un les véhicules et notent les numéros d'immatriculation.
Quatre collines plus haut, un groupe de Santa Rosa distribue à
chacun des participants à la caravane un sac contenant saucisses
et biscuits. Le "casse-croûte" a été acheté
avec 1'argent offert spontanément par des habitants de Santa
Rosa pour soutenir la caravane.
Environ quinze minutes après, la caravane est de nouveau arrêtée.
Cette fois-ci, il s'agit d'un barrage de gens en uniforme : une chemisette
noire portant les insignes des AUC (Autodéfenses unies de Colombie)
[groupe paramilitaire]. Véhicule après véhicule,
ils demandent s'il y a des caméras de télévision.
« Aucun représentant des moyens de communication ne
peut monter », décrètent-ils. Dautres
membres des AUC montent la garde des deux côtés de la route
et sur quelques collines voisines, leurs fusils pointés vers
le haut. Le message paraît être : « Nous sommes
là. » La nuit précédente, un groupe des
AUC avait exigé des leaders locaux qu'ils renoncent à
la caravane. Ceux-ci leur avaient répondu que c'était
impossible parce que tout était prêt. Alors les paramilitaires
les avertirent qu'ils ne pouvaient emmener des représentants
des médias. Ils avertirent qu'en cas contraire ils pourraient
lancer une attaque sur la zone où devait se réaliser la
rencontre.
Quand la caravane arrive au village de Los Canelos, les cloches de 1'église
sonnent, des dizaines d'habitants sortent dans les rues et agitent des
drapeaux blancs. Une douzaine supplémentaire de paysans et des
camions se joignent à la caravane. Environ vingt minutes après
avoir passé le barrage des Autodéfenses, la caravane est
arrêtée une fois encore. Cette fois-ci il s'agit d'un barrage
aux ordres de 1'Armée de libération nationale. Une jeune
fille aux traits indigènes et un guérillero d'environ
25 ans préviennent que la piste est en assez mauvais état
et qu'il vaudrait mieux que les occupants des véhicules descendent
chaque fois qu'il y a des trous très profonds.
Ainsi, en une heure de temps, les membres de la caravane de Santa Rosa
tombent sur des barrages encadrés par des représentants
des trois acteurs armés qui s'affrontent dans le conflit colombien.
Un habitant du village de Canelos informe que la réunion doit
se dérouler sur le territoire du village appelé La Estrella,
relativement proche. Mais la piste devient de plus en plus mauvaise.
L'un après l'autre, les véhicules se retrouvent bloqués
dans les "cratères" de boue. Quelques pierres gigantesques
se transforment en toboggans. A chaque fois, les habitants de Santa
Rosa, solidaires, hissent les véhicules ou les tirent avec des
cordes pour le bétail.
En arrivant à La Estrella, on est informé qu'il faut continuer
"vers le haut". Plusieurs conducteurs laissent leurs véhicules
au parking. « Ma jeep se rend, mais pas moi », dit
un des conducteurs. Comme beaucoup d'autres, il décide d'avancer
à travers les bourbiers. De chaque côté de la route
on voit des panneaux de danger : "champs de mines - ELN".
Cinq heures environ après avoir quitté Santa Rosa, à
la hauteur du village minier de El Golfo, le nombre de guérilleros
de l'ELN augmente sur le terrain. « C'est ici ! », crie
quelqu'un. S'abat alors une averse... Un représentant de l'ELN
dit à 1'évêque et au directeur du Programme de développement
et paix du Magdalena Medio, le père Francisco de Roux - invités
par les leaders locaux à les accompagner dans la caravane - qu'un
groupe de leaders doit se détacher du groupe pour rejoindre les
commandants de cette guérilla pour décider de lordre
du jour. Carmen, une habitante de Santa Rosa âgée de 27
ans, lui répond énergiquement que la communauté
a décidé que personne ne se séparerait du groupe
et que ce dont on a à débattre doit être débattu
devant tout le monde.« Dites à vos commandants de venir
ici. Car personne ne s'éloignera du groupe. Nous tous sommes
venus ici, nous tous en repartirons sans qu'aucun ne manque »,
affirme-t-elle. Le guérillero paraît surpris par 1'attitude
de la jeune femme. Il rétorque que lui doit garantir la sécurité
de ses propres commandants. « Allons! Dites-leur que nous venons
dans un esprit de paix. Que personne n'est armé », réplique
1'évêque. D'autres villageois de Santa Rosa, agglutinés
autour du guérillero, font valoir, en outre, que lordre
du jour a déjà été établi par les
habitants de Santa Rosa. Le guérillero se retire en direction
d'une colline. Peu après, trois commandants de l'ELN descendent
à lécole publique de El Golfo, une zone consacrée
à l'exploitation de mines d'or. Un des leaders de Santa Rosa
informe qu'une centaine au moins de participants à la caravane
sont encore embourbés sur le chemin. Alors, Mgr Serna invite
tout le monde à réciter le Rosaire - « pour leur
donner le temps d'arriver ». Les commandants de l'ELN se regardent,
gardent le silence puis répètent les prières. A
la lecture de 1Évangile de saint Luc selon lequel Jésus
appelle à libérer les captifs parce qu'il ne veut pas
que les gens vivent opprimés mais libres, 1'évêque
ajoute : « La demande que la communauté de Santa Posa
adresse à l'ELN est que vous libériez les séquestrés
aujourd'hui même. »
Dans 1'ordre du jour préparé par ceux de Santa Rosa, la
parole n'est donnée à l'ELN que sur le septième
et dernier point. Ils insistent pour que, avant de parler, 1'ELN libère
les séquestrés. Un habitant de Santa Rosa, qui veut garder
1'anonymat réclame le haut-parleur : « Nous ne venons
pas dans le but de nous venger mais bien dexiger de vous que vous
cessiez de nous détruire à coups denlèvements.
La guérilla dit qu'elle est 1'armée du peuple, mais très
souvent ce que nous ressentons, nous, est que ce qu'elle fait en réalité,
c'est opprimer le peuple. » Tout de suite un autre leader
intervient : « Vous dites que le peuple est à la guérilla
ce que 1eau est aux poissons. Si nous vous privons d'eau, en raison
des nombreux abus que vous commettez, vous allez mourir. Sachez que
nous souffrons beaucoup du fait que vous enleviez nos proches. Pour
Luis Tarazona la priorité dans sa vie, c'était sa femme
et ses enfants. Avant sa séquestration, Luis avait sa propriété
et son bétail. Maintenant femme et enfants sont réduits
à mendier...Vous devez corriger ces abus. »
Une autre intervention : « Ne nous mêlez plus à
la guerre. Nous ne soutenons ni la guérilla ni les paramilitaires.
Libérez nos séquestrés. »
Dans la foule, les rumeurs grandissent ainsi que la confusion. Le malaise
est évident quand on confirme publiquement que les FARC n'assisteront
pas à la réunion. « Pourquoi nous trompez-vous ainsi
? », demande Carmen, la soeur de Luis Hernandez. Cecilia, une
femme leader de Santa Rosa, s'écrie : « Les FARC ont
confirmé qu'ils viendraient. Nous ne sommes pas en train de jouer
et nous exigeons le respect, c'est une insulte. » Pendant
ce temps, 1'épouse de Orlando Monsalve - un des séquestrés
par les FARC -, enceinte de cinq mois, pleure devant les commandants
de l'ELN. Un voisin souligne que cette femme qui n'avait jamais travaillé
s'est vue obligée de préparer des empanadas [chaussons
fourrés à la viande et aux légumes] et des glaces,
et à les vendre dans une école. C'est ainsi qu'elle a
subvenu aux besoins de ses cinq jeunes enfants. « La guérilla
ne sait pas la souffrance qu'elle cause », conclut le paysan.
"Samuel", commandant des fronts guérilleros de l'ELN
qui opèrent dans la Serrania de San Lucas depuis 16 ans prend
note de chacune des interventions. Après avoir demandé
la permission d'utiliser le haut-parleur, il annonce la libération
de Eduardo Galvis, qui avait été enlevé deux mois
auparavant. « Don Eduardo va arriver.., pour repartir avec
vous », dit-il. Eduardo Galvis, transporteur appartenant à
une des familles les plus traditionnelles du village, est accueilli
à bras ouverts par ses parents et amis.
Le père de Roux s'adresse aux commandants de l'ELN : «
ll est impossible de vous remercier de nous avoir rendu Eduardo Galvis
parce que 1'enlèvement est un délit de lèse-humanité,
qui porte atteinte à la dignité de tous et détruit
la Colombie. Je ne vous dis pas merci... parce que la liberté
est un droit. Il n'y a pas de délit plus douloureux à
supporter que de priver l'autre de sa 1iberté pour toucher de
1'argent. Je vous demande de prendre un engagement aujourd'hui : commencer
par ne plus garder en otage qui que ce soit de Sur de Bolivar. »
Le commandant "Samuel" annonce aussi que deux autres séquestrés
seraient 1ibérés la semaine suivante. Des leaders de Santa
Rosa exigent de l'ELN une explication sur 1'absence des FARC, considérant
que les deux organisations avaient signé un communiqué
conjoint. "Samuel", le commandant de l'ELN, répond
que les FARC lavaient seulement informé de difficultés
pour arriver. Des membres de la communauté lui demandent d'établir
un contact avec les FARC par radio, immédiatement. «
Dites-leur que nous ne bougerons pas d'ici tant qu'ils ne viendront
pas », déclare un des leaders. Les assistants applaudissent
et manifestent leur soutien à la proposition. Les commandants
de 1'ELN se regardent. Des proches des familles Hernandez et Monsalve
dont les enfants ont été enlevés par les FARC,
demandent la parole. Ils soulignent que de toute évidence le
peu de biens que ces familles possèdent est le fruit de plus
de 40 ans de travail. « Ils ne peuvent payer une rançon.
La guérilla ne peut les obliger à vendre leur petite ferme,
la seule chose qu'ils possèdent. Dites aux FARC que nous n'acceptons
pas leur duperie », dirent-ils. Un paysan du village de Canelo
parle haut :
« Vous avez des pères et mères qui souffrent
parce qu'ils ont un fils dans la guérilla. Moi je ne veux pas
voir demain mon fils avec un fusil. Si les enfants vous voient rôder
armés autour de nos fermes, cela les influence. Respectez-nous.
Nous, nous voulons lutter, mais par le travail. » Tandis que
les membres de l'ELN font passer 1'information qu'ils préparent
de la viande et des pommes de terre salées, José Cendales
demande la parole. Il dit qu'il vit depuis 36 ans au village de Canelo
et demande aux guérilleros de mettre un terme à leurs
abus : « Quand on vient à ma ferme et qu'on me demande
un verre d'eau pour quelqu'un de la guérilla ou des paramilitaires,
je le donne. Mais seulement parce que ce sont des êtres humains.
» Les heures passent et de plus en plus dhabitants de Santa
Rosa s'enhardissent à parler, mais sans se nommer : « A
la mission Rio Grande on connaît une liste de gens que vous retenez
pour leur ôter la vie. Cette guerre psychologique est encore plus
grave que de leur tirer une balle. Les gens migrent parce qu'on leur
prend le bétail et qu'on exige d'eux des tributs. Arrêtez
cette ignominie. »
« Je suis un jeune homme de Santa Rosa et neveu de Eduardo
Cifuentes. Pourquoi, au 1ieu d'aider au développement intellectuel
des jeunes, vivons-nous chaque jour en Colombie comme les hommes des
cavernes : en nous entre-tuant ? Cela fait mal à voir : au lieu
qu'il y ait de plus en plus de jeunes à 1'université,
il y a de plus en plus de jeunes en armes. Il faut s'asseoir pour dialoguer
afin d'éviter que nous ne devenions exsangues. »
Un membre de la famille Hernández insiste : « Nous demandons
aux commandants de l'ELN d'assumer leur engagement à être
un pont avec les FARC. »
Devant 1'insistance, le commandant de l'ELN répond qu'il peut
seulement avoir une communication radio à partir du lendemain
dix heures du matin. Et il explique : « Mon organisation a
des différends avec les FARC. Mais je m'engage à communiquer
avec eux. » Après une pause, le commandant poursuit
: « ... Je veux vous dire que je ne suis pas d'accord avec
les enlèvements... Je vais négocier avec mes commandants
pour que nul ne soit plus enlevé à Santa Rosa. Je suggère
que nous créions plutôt une prison, mais une prison pour
réhabiliter des gens... ». Ensuite les commandants de 1'ELN
lurent des discours mettant en cause la « machine de guerre »
du nouveau gouvernement et soulignant qu'ils espèrent bien
que le Magdalena Medio ne devienne pas un autre Urabá. «
Nous ne pouvons pas nier avoir commis des erreurs...mais nous avons
voulu lancer un dialogue dans une zone démilitarisée [zone
qui, par engagement du gouvernement, est soustraite au contrôle
de larmée] et dans le Sur de Bolívar, dautres
ont organisé un mouvement pour dire "non" à
la démilitarisation », déclare le surnommé
"Samuel". En liaison avec la récitation du Rosaire,
il souligne que Jésus ne fut pas neutre car à son époque
aussi il y avait beaucoup d'injustice sociale. Le père de Roux
prend la parole pour dire que, même si à cette époque
il y avait effectivement de 1'injustice sociale, Jésus n'avait
jamais pris les armes ni incité d'autres à le faire. Alors
le commandant "Samuel" fait une proposition de dialogue entre
la communauté et l'ELN pour faire du Magdalena Medio un territoire
où soit protégée la vie de tous, dans la paix et
la démocratie. Il suggère aux gens de Santa Rosa d'élire
une commission représentative. Il prévient qu'aucun paramilitaire
ne pourra en faire partie. De Roux dit que maintenant, oui, il remercie
l'ELN pour sa proposition de dialogue. D'autres participants de la caravane
demandent la parole. Une enseignante de El Canelo demande que les écoles
ne soient pas transformées en casernes de la guérilla
et des paramilitaires. « Au lieu d'envoyer les enfants prendre
les armes, laissez-les étudier. Combien de jeunes meurent sans
même savoir pourquoi ? », demande-t-elle. En fin d'après-midi,
le commandant "Samuel" réitère son engagement
dentrer en contact avec les FARC. Sur le chemin du retour en pleine
obscurité, une série de véhicules patinent dans
les bourbiers. Après une course d'obstacles de plus de six heures,
les habitants de Santa Rosa atteignent leur village peu après
1 heure du matin le samedi. Les véhicules klaxonnent et réveillent
les gens qui sortent dans la rue en pyjama. Par haut-parleur, les arrivants
informent qu'ils ramènent Eduardo Galvis. Les gens se rassemblent
devant chez lui et lui font la fête.
Aux déclarations de la ministre de la défense, Maria Rodriguez
Ramirez, qui qualifient dillégale la marche des habitants
de Santa Rosa, le maire Delmar Burgos, - il avait soutenu la caravane
mais n'avait pu y participer pour des motifs juridiques -, répond
: « Ce qui s'est fait à Santa Rosa est justice et tout
ce qui est juste est légal, même si ce qui est légal
n'est pas toujours juste. »
Les habitants de Santa Rosa ont forgé une tradition de solidarité,
et ils ont lancé un défi aux différents groupes
armés. L'an dernier, quand ils se rendirent compte que la guérilla
était en train d'enlever une habitante, ils se concertèrent
et suivirent le véhicule. Plus de 50 véhicules bloquèrent
le passage des séquestrateurs. Les FARC durent rendre la femme
kidnappée.
Il y a un an, plus de mille habitants se sont rassemblés pour
protester face aux paramilitaires qui avaient tué deux jeunes
du village.
En novembre 1997, plus de 500 personnes de Santa Rosa ont affronté
l'ELN pour demander qu'elle respecte 1'élection du maire. La
guérilla avait exigé des habitants qu'ils ne votent pas,
mais ils avaient passé outre. Alors l'ELN avait exigé
que le maire renonce. Après la manifestation des villageois,
le maire est resté à son poste.
Au cours de 1'année 2000, Santa Rosa fut l'un des villages qui
participa aux marches pour qu'il n'y ait pas de zone démilitarisée.
Le jour suivant la caravane, Carmen Hernández reçoit un
coup de téléphone donné du village de Montecristo
par son frère Louis, qui était séquestré.
En réponse à la clameur des habitants de Santa Rosa, les
FARC le libèrent. Un jeune paysan affirme que 1'adage selon lequel
il est difficile de vaincre un peuple uni, est une réalité
à Santa Rosa. Les villageois de Santa Rosa semblent suivre les
principes de non-violence et de résistance civile, proclamés
par les grands penseurs et hommes daction Gandhi et Mandela. Aussi
bien Mgr Serna que le père de Roux se disent certains que du
Sur de Bolívar surgira 1'espérance de paix pour la Colombie.
Traduction DIAL
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