DIAL D 2720 du 16 au 31 avril 2004

CUBA


Mots-clefs
: Politique, Droits de l'homme, Liberté, Dictature, Opposition, Prisons

Les détracteurs et les défenseurs de la révolution cubaine sont toujours sur le qui-vive

 

La situation cubaine ne cesse de faire l’objet de points de vue diamétralement opposés : l’ardeur des défenseurs passionnés de la Révolution cubaine se heurte aux oppositions farouches de ceux pour qui Fidel Castro continue de représenter le dernier bastion du totalitarisme dans les Caraïbes. Il est aisé de souligner que la vérité est sans doute différente, qu’il est affligeant, par exemple, que la liberté d’expression ne soit pas respectée, que le régime politique reste antidémocratique comme tout régime à parti unique, que le droit à un procès équitable ne soit pas assuré, que la peine de mort ait refait surface. Mais il faut aussi reconnaître que les résultats obtenus par Cuba en matière d’éducation et de santé - dont il ne faut pas oublier qu’ils font aussi partie des droits humains - place l’île en tête des pays en voie de développement, que Cuba fournit une aide médicale appréciée à plusieurs pays d’Amérique latine, que le poids de l’embargo qui pèse sur ce pays du fait des Etats-Unis est une source importante de son sous-développement économique, etc. Il est clair que ceci ne doit pas - ne devrait pas - faire oublier cela. « Faire la part de la vérité » semble une entreprise vouée à l’échec là où les militants de toute sorte préfèrent un tableau en noir et blanc d’où toute nuance est bannie. Il est aussi essentiel que ceux qui vivent en dehors du continent latino-américain comprennent que le point de vue avancé sur Cuba n'est jamais élaboré en soi et pour soi, c’est-à-dire qu’il n’est pas détaché du rôle joué par les Etats-Unis en Amérique latine et les Caraïbes. Ce qui se passe à Cuba se situe au sein d’un rapport de forces continental et même mondial qui explique largement l’opposition des positions tenues. Nous publions ci-dessous les données d’un débat récemment suscité par la lettre publique de cinq intellectuels argentins sur la politique à suivre à l’égard de Cuba, ainsi que des réactions suscitées par cette lettre, sans compter quelques autres prises de position.