Les chiffres sont parfois tellement saisissants quil suffisent
à eux seuls à indiquer lextrême gravité
dune situation. Tel est bien le cas du nombre denfants et
jeunes gens qui ont été assassinés en 2003 dans
la ville de Guatemala. Cest là un des aspects les plus
frappants de la violence et de la pauvreté dont souffrent les
enfants. A part linvocation des grandes explications habituelles,
il faut savoir que peu dinformations précises existent
sur ces meurtres, en raison du manque denquêtes disponibles,
ce qui est un signe du peu de cas fait du sort subi par ces enfants.
Texte en date du 12 mars 2004 diffusé par Casa Alianza, organisation
indépendante, dédiée à la réhabilitation
et la défense des enfants de la rue au Guatemala, Honduras, Mexique
et Nicaragua.
http://www.casa-alianza.org/
Pendant 2003, le Programme
daide juridique de Casa Alianza dans la ville de Guatemala a
recensé un total dramatique de 747 enfants et jeunes gens de
moins de 23 ans assassinés soit 282 de plus que le total
de 465 cas en 2002.
La moyenne mensuelle était de 62 homicides denfants et
jeunes gens dans un pays ayant une population dà peine
11 millions de personnes. Toutes les victimes nétaient
pas des enfants ou jeunes gens sans abri, mais presque tous étaient
pauvres.
Sur ceux qui ont été assassinés lannée
dernière, 691 étaient de sexe masculin (93%) et 56 de
sexe féminin (7%). Les statistiques montrent que 229 victimes
(30,6%) étaient des enfants âgés de moins de 18
ans.
Le reste du total était composé de jeunes âgés
dau moins 18 ans, mais ayant moins de 23 ans, âge maximal
des personnes dont soccupe Casa Alianza. Le nombre de victimes
féminines a aussi augmenté en comparaison de 2002 :
56 au lieu de 31.
« Casa Alianza suit ces cas avec beaucoup dattention,
mais tout comme au Honduras, le niveau dimpunité pour
meurtres est très élevé. Les pays qui nassument
pas leur obligation de punir les responsables de meurtres denfants
doivent être blâmés au plan international »
dit Bruce Harris, le directeur régional en Amérique
latine pour Casa Alianza.
Au Guatemala, lannée 2003 a commencé par un mois
de janvier violent, qui allait conduire à 11 autres mois datrocités.
53 meurtres furent commis pendant les quatre premières semaines
de lannée. Juin et mai furent les deux mois les plus
sanglants avec 71 et 68 meurtres respectivement.
En mars, une fille de 15 ans et
une jeune femme de 20 ans furent tuées avec un couteau, instrument
rarement utilisé dans ce type de crimes, car les armes du crime
sont le plus souvent des armes à feu.
En avril 2003, quatre jeunes de 14 et 15 ans furent tués et
pendant ce mois le Programme daide juridique de Casa Alianza
au Guatemala a enregistré 59 meurtres denfants et jeunes
gens.
En août, divers hommes non identifiés ont poignardé
à mort Juan Ventura Tash, qui avait juste 7 ans. En septembre,
le nombre de victimes de meurtres âgées de 12 à
14 ans a augmenté dans les secteurs où il y a le plus
de conflits.
Jonathan Culajay, 11 ans, a reçu
une blessure fatale par balle en octobre 2003 dans le secteur de Mixco,
une banlieue de la ville de Guatemala. En novembre, le même
sort a atteint trois petits enfants âgés de 1, 2 et 8
ans. Ce fut le mois dans lequel le plus grand nombre denfants
de moins de 7 ans ont été assassinés. Le nombre
dattaques à
lencontre denfants de moins de 18 ans sest accrû
de 40% en octobre par rapport aux mois précédents. En
décembre, le nombre denfants âgés de 13
et 17 ans qui ont été assassinés a augmenté
de 48% par rapport aux 10 premiers mois de lannée.
La Commission nationale des droits humains a signalé que certains
des jeunes corps montraient des signes de torture, caractéristiques
de certaines techniques dinterrogation. « Le nettoyage
social » est une des explications données pour les
meurtres, cependant, en raison du manque denquêtes - et
même du peu de motivation pour cela - on sait peu de choses
sur les coupables.
« Cette enquête et ce recueil de statistiques sur les
meurtres denfants au Guatemala ont été mis en
uvre grâce à un accord de coopération entre
Casa Alianza et la Commission nationale des droits humains, qui a
des bureaux régionaux dans tout le pays, qui facilitent la
collecte des données » a précisé Arturo
Echeverría, le directeur national de Casa Alianza Guatemala.
« Maintenant nous demandons à la police civile nationale,
au ministère public et au pouvoir judiciaire dintervenir
en fonction de ces informations et dassumer leur responsabilité
en enquêtant sur ces meurtres, en présentant les preuves
rassemblées et en condamnant les responsables » a
ajouté Echeverría.
Actuellement, la reconnaissance du coupable na lieu que pour
moins de 5% des meurtres commis au Guatemala.
Pour plus dinformations, entrez en contact avec Leonel Dubon
à Casa Alianza, Guatemala
(+502-433-9600 ou :
media@casa-alianza.org).
Les présidents du Guatemala, du Honduras et
dEl Salvador sont daccord pour attribuer les assassinats
aux bandes de jeunes, ou maras, mais sans apporter de preuves. Cet
argument dénué de fondement a justifié des politiques
répressives contre ces groupes. Toutefois, la violence continue.
Tous les pays centraméricains ont ratifié la Convention
des droits de lenfant des Nations unies. Il ne manque plus que
son application.
Casa Alianza, 30 avril 2004
Traduction DIAL.
En cas de reproduction,
mentionner la source DIAL.