Comment fonctionnent
concrètement les nouvelles formes d’organisation mises au point dans
les communautés zapatistes du Chiapas, en route dans la construction
de leur autonomie ? Dial avait déjà présenté le nouveau système d’organisation
zapatiste (cf. Dial D 2667 et 2770). Aujourd’hui, c’est à sa mise
en œuvre effective dans les domaines de l'éducation, santé, économie
et justice que nous assistons, grâce au reportage effectué sur place
par le SIPAZ et publié dans son bulletin de mars 2005. (SIPAZ Service
international pour la paix http://www.sipaz.org
).
«
Notre travail est de construire lautonomie. Que le peuple puisse
décider comment exercer ses droits. Cest une forme de lutte,
une lutte juste, qui a raison. Travailler la santé et les autres
secteurs dactivités, cest une arme de notre lutte,
qui ne tire pas de balles mais des mots, des mots qui lancent un appel
à toute lhumanité.»
(Comité de bon gouvernement de Morelia).
Quand vous voyagez au Chiapas, vous pouvez observer de nombreuses pancartes
: « Vous êtes dans un territoire zapatiste en rébellion.
Ici, le peuple commande et le gouvernement obéit. »
Cela signifie que vous parcourez une zone habitée par des bases
civiles de soutien de lArmée zapatiste de libération
nationale (EZLN). Depuis 1994, les communautés zapatistes se
sont regroupées au sein des Municipalités autonomes rebelles
zapatistes (MAREZ), qui sont gouvernées par un Conseil autonome
formé par les représentants des mêmes communautés.
Les MAREZ se superposent géographiquement et politiquement aux
municipalités constitutionnelles. Parallèlement aux municipalités
officielles, ces conseils autonomes décident eux-mêmes
de leur mode dorganisation sur des questions comme léducation,
la santé et la justice. La résistance passe par le fait
de naccepter ni largent ni les projets qui proviennent du
gouvernement mexicain.
En 2001, une réforme constitutionnelle portant sur les droits
et la culture indigènes a été approuvée
par le Congrès mexicain. Cette réforme prétendait
appliquer les Accords de San Andrés (signés entre lEZLN
et le gouvernement fédéral en 1996). Cependant, pour lEZLN
et le Congrès national indigène, elle ne fait que perpétuer
le paternalisme de lEtat face aux populations autochtones, sans
reconnaître leur façon de sautogouverner. Cest
pour cela quils ont opté pour la construction de lautonomie
par la voie des faits et quils considèrent les Accords
de San Andrés comme une loi en vigueur dans leurs territoires.
Depuis août 2003, les zapatistes ont par ailleurs créé
les Comités de bon gouvernement, comme un nouvel échelon
dans leur pratique de lautonomie. Les Comités de bon gouvernement
sont formés par les autorités des Conseils autonomes qui
changent tous les 7, 15 ou 30 jours, selon la région.
Il existe 5 Comités de bon gouvernement qui siègent depuis
les Caracoles (escargots). Ceux-ci sont venus remplacer les Aguascalientes
(lieux de rencontre entre la société civile et les zapatistes)
qui existaient dans le passé. Les
Caracoles représentent symboliquement une porte ouverte
qui donne un accès direct à la vie autonome zapatiste.
Dans tous les Caracoles vous trouverez les maisons couvertes
de fresques murales : visages de Zapata, du sous-commandant Marcos,
des martyrs de guerre ou des épis de maïs couverts de passe-montagnes.
A Oventik, vous pourrez faire des achats dans les coopératives
dartisanat des femmes, et à Roberto Barrios acquérir
un hamac. A La Garrucha, la cafétéria Samliyel abrite
un « cyber pozol » (équivalent dun café
Internet, le pozol étant une boisson typique à base de
maïs). A La Realidad comme à Morelia, vous pourrez voir
des vidéos dans les cafétérias. Dans tous les Caracoles,
vous trouverez aussi les Campements civils pour la paix, construits
pour les observateurs des droits humains et les sympathisants du mouvement
zapatiste.
Dans chacun des Caracoles, les Comités de bon gouvernement
nous ont parlé de la construction de leur autonomie, des avancées,
des limites rencontrées et des défis.
«
Commander en obéissant »
Les
Caracoles zapatistes rendent visible une construction de lautonomie
que les bases de soutien ont commencé à mettre en place
bien avant 1994. Elle représente une pratique des peuples autochtones
au cours des siècles afin de résister à la colonisation
et à leur marginalisation systématique. « Lautonomie
est un chemin que nous avons parcouru depuis plusieurs années
et qui se maintient au travers de nos propres coutumes, nos propres
façons de prendre des décisions, notre langue. Cela fait
longtemps que ce chemin existe, parce que les formes indigènes
ne correspondent pas à celles du gouvernement officiel. Et nous,
nous avons opté pour la forme du « commander en obéissant
», avec nos propres autorités pour quelles nous aident
et que nous nous aidions nous-mêmes. Lautonomie est le travail
de tous. » (Comité de bon gouvernement de La Garrucha)
Lautonomie zapatiste commence par le droit délire
ses propres autorités en respectant le principe « commander
en obéissant » : « Lidée des peuples
autochtones est de se gouverner eux-mêmes, en partant du principe
de lutte que le pouvoir est dans le peuple. Ce que nous proposons comme
autorités va être discuté par la population durant
le temps nécessaire. Mais comme autorités, nous ne sommes
que représentants. Au-dessus de nous, il y a un pouvoir qui est
le pouvoir du peuple. Le peuple peut avoir certains problèmes
quil naborde pas et sil ne le discute pas, cest
son problème. Mais si comme autorités nous faisons quelque
chose que le peuple ne sait pas, alors nous recevons des critiques et
nous devons les accepter. » (Comité de bon gouvernement
de La Realidad)
Lautonomie ne sétablit pas seulement au niveau politique
mais aussi au niveau culturel et économique. « Lautonomie
se construit par la pratique. Par exemple, dans la milpa (champ de maïs),
nous nallons plus utiliser le gramoxon (un pesticide chimique).
Nous savons que les produits chimiques sont un poison pour nous. Une
partie de ce que nous faisons, cest utiliser un insecticide naturel
qui sapplique dans la milpa. Cest le peuple qui lutilise,
parce que nos ancêtres nutilisaient jamais de produits chimiques.
Lautonomie se construit de différentes formes. Pour nous
il sagit de cesser de dépendre du gouvernement à
tous les niveaux, et dans ces produits qui nous affectent comme peuples
indigènes, comme les produits transgéniques. » (Comité
de bon gouvernement de Roberto Barrios)
Les communautés construisent leurs propres programmes déducation,
de santé, de commercialisation. Elles cherchent à obtenir
une plus grande autosuffisance alimentaire à un moment où
lAccord de libre-échange dAmérique du Nord
(ALENA) a réduit drastiquement les possibilités de marchés
justes pour les produits agricoles comme le café, le maïs
ou les haricots.
La construction de lautonomie avance petit à petit, parce
que, comme les zapatistes nous le disaient : « Ce qui a le
plus dimportance, cest la pratique, parler est très
facile mais faire quelque chose est plus difficile. La théorie
a une valeur, mais ce nest pas le plus important. »
(Comités de bon gouvernement de Morelia)
Éducation
En ce qui concerne léducation, dans presque toutes les
municipalités zapatistes, il existe des écoles avec des
promoteurs indigènes originaires des mêmes communautés.
Ceux-ci ont été formés à travers des ateliers
soutenus par la société civile nationale et internationale,
soit directement, soit par des aides économiques. Dans la région
dOventik, les zapatistes ont commencé à développer
léducation autonome au niveau du secondaire avant de continuer
avec le primaire. Des jeunes provenant des différentes municipalités
viennent au Caracol pour suivre les cours de lécole secondaire.
Dans dautres régions, comme à Morelia, chaque municipalité
a son école primaire et secondaire et ils rêvent douvrir
leur propre université. « Nous ne voulons ni égaler
ni nous comparer avec léducation du gouvernement, qui ne
sert ni pour les peuples indigènes ni pour les zapatistes. Cest
pour ça que la nôtre a un autre point de départ
que celle du gouvernement. La leur est individualiste et égoïste,
elle prépare lélève à servir lentrepreneur
pour quil continue avec son négoce. Elle nenseigne
pas la relation avec la Nature. Léducation autonome aide
le peuple et lorganisation pour que les jeunes napprennent
pas à servir le patron mais à mettre leurs connaissances
au service du peuple. » (Comité de bon gouvernement
de Morelia)
A Roberto Barrios, les élèves commencent avec le projet
éducatif Semillita del Sol (Petite graine de soleil) et ils passent
ensuite par le Centre culturel technique autonome zapatiste (CCTAZ),
où ils décideront quel métier ils veulent faire.
Ils préfèrent ne pas utiliser le système de classes
dans lenseignement (à la différence du gouvernement)
pour nexclure personne et permettre à chacun davancer
en fonction de ses possibilités.
Le contenu éducatif sadapte en fonction des besoins : «
La forme de léducation pédagogique et politique
est différente : nous ne travaillons pas les mêmes matières
que léducation officielle. Nous avons différents
secteurs. Quand nous parlons de langue, nous regroupons toutes les nôtres
et lespagnol. Nous travaillons aussi les histoires,
afin que la lutte zapatiste et toutes les luttes contre ceux qui nous
oppriment apparaissent. Nous travaillons aussi la vie et lenvironnement,
qui englobe la vie et les ressources naturelles.»
(Comité de bon gouvernement de La Garrucha)
Dans léducation et la santé autonomes, lhumanité
et la dignité sont au-dessus de largent. On y récupère
le sens de bien commun et ce sont deux valeurs indispensables
dans leur façon de concevoir une bonne vie pour tous.
« Dans notre organisation, il nexiste pas lidée
de travailler pour un salaire. Le travail naît de la conscience.
» (Comité de bon gouvernement de Morelia). Les promoteurs
sont élus par la communauté, ils ne reçoivent pas
de salaire. A cause de cela, un des grands défis de léducation
autonome est déviter la désertion des promoteurs
lorsque les communautés ne les aident pas suffisamment.
Santé
La
santé représente une des grandes avancées des municipalités
autonomes. Il existe des cliniques régionales à La Garrucha,
à Oventik et dans la région de La Realidad, ainsi quun
hôpital dans la communauté de San José del Río,
où plus de 10 opérations ont été pratiquées
dans les locaux mêmes grâce au soutien solidaire de médecins
provenant de Comitán.
On essaie de faire en sorte que chaque municipalité dispose dune
petite pharmacie et de promoteurs de santé capables de recevoir
les malades. La formation des promoteurs de santé se fait de
la même façon que pour les promoteurs déducation.
On essaie de former les promoteurs à différentes spécialités
: gynécologie, odontologie, analyses, pédiatrie, herboristerie.
« Ceux qui connaissent les plantes médicinales, ce sont
les anciens. Les jeunes ne savent pas à quoi elles servent. Alors
il faut sauver cette sagesse avant que nos anciens soient deux mètres
sous terre. On a organisé les anciens et ce sont les enseignants.
Certains se forment dans tout ce qui est chimique et les autres dans
la médecine [naturelle]. » (Comité de bon gouvernement
de La Realidad)
Quand il y a suffisamment de médicaments dans les pharmacies
(grâce aux donations de la société civile), les
bases de soutien zapatistes ne les paient pas, mais quand ils viennent
à manquer, elles doivent payer les médicaments au prix
dachat. La consultation est également gratuite pour les
zapatistes. En revanche, les non-zapatistes doivent payer la consultation
et les médicaments à leur prix dachat. Beaucoup
de personnes dautres organisations préfèrent se
rendre dans les centres médicaux zapatistes parce que le promoteur
parle leur langue et traite les malades avec respect : « La
santé est de toute lhumanité. Il y a un problème
important et évident dans la médecine et dans lattention
aux malades. Les femmes principalement ont peur des hôpitaux.
Nous sommes des marginaux dans les hôpitaux officiels : il ny
a pas despace de dignité pour nous dans ces hôpitaux.
» (Comité de bon gouvernement de Morelia)
Dans tous ces programmes de santé, lattention se centre
sur la prévention des maladies : lhygiène et la
nutrition. Cest pour cela, par exemple, que le Caracol de La Garrucha
a mis en marche un « plan intégral » qui passe
par la construction de latrines, lhygiène personnelle,
la culture de jardins et les vaccins. A Morelia, la santé personnelle
et collective fait partie des matières enseignées dans
lécole autonome.
Autonomie
économique
Au
cours des dernières années, les municipalités autonomes
ont créé de petites épiceries et des coopératives
pour pouvoir soutenir leurs projets « non monétaires
» (santé et éducation) et pour obtenir une plus
grande indépendance économique : « Pour parler
de commerce, nous avons un travail, par exemple les coopératives
de café. Elles exportent au niveau international (Mut Vitz, Yachil
Xojobal). Nous avons aussi les coopératives des femmes artisanes
: Les Femmes pour la dignité, Xiluchon et Niximrosa. Nous avons
aussi un atelier de fabrication de chaussures. On fait des bottes et
des chaussures de tous types en fonction de ce que les gens utilisent.
Des travaux collectifs ont lieu dans les communautés. Les femmes
par exemple travaillent dans la boulangerie, dans lélevage
danimaux et dans les jardins. Ce sont des exemples de travaux
qui se réalisent entre hommes et femmes pour que nous puissions
survivre comme bases de soutien et pouvoir ainsi maintenir la résistance.
Nous ne faisons pas cas des miettes que le gouvernement donne. Nous
avons notre propre travail. » (Comité de bon gouvernement
dOventik)
Il existe de nombreux travaux collectifs comme lélevage,
la culture de café ou de la milpa mais le plus difficile est
de trouver ensuite comment vendre à un prix juste. Cette année,
les zapatistes ont réussi à augmenter le prix du café
dans la région de La Realidad parce que le Caracol la
acheté et transporté directement à Tapachula, en
payant plus que les coyotes (revendeurs intermédiaires) : «
Nous avons pensé que puisque nous avions le chómpiras
(le camion de la région) nous pouvions améliorer la situation
de la vente du café. Nous détestons ces salauds de coyotes.
Ils paient le kilo de café à 12,50 pesos (moins dun
euro). A Tapachula, ils payent jusquà 17 pesos le kilo.
Nous avons commencé à faire le calcul et avec notre camion,
nous nous sommes rendu compte que nous pouvions payer les compañeros
jusquà 14,50 pesos le kilo. Y compris à ceux qui
ne sont pas zapatistes. Quand nous avons annoncé ça, les
gens ont commencé à venir et les coyotes nont plus
pu acheter. Ils ont alors décidé de payer plus que nous
: 15 pesos le kilo. Ce qui était important, cest quils
payaient davantage, cependant les compañeros savaient que ce
que le Comité de bon gouvernement gagnait allait servir pour
le bénéfice de tous. Ils ont décidé darrêter
de vendre leur café aux coyotes. Le plus difficile, cest
lautosuffisance économique. » (Comité
de bon gouvernement de La Realidad)
Le principal défi est de réduire la dépendance
aux produits venant de lextérieur. Avoir sa propre production
et parvenir à lautoconsommation sont des préoccupations
constantes dans toutes les régions autonomes. A Roberto Barrios,
les zapatistes ont lancé un projet dagriculture écologique
pour diversifier les cultures et pouvoir commercialiser leurs produits.
Ils espèrent pouvoir échanger ces produits avec dautres
régions.
Il est difficile darrêter de consommer les produits des
entreprises transnationales : « Nous navons pas encore
pu léviter parce quil manque un processus de prise
de conscience de nos peuples. Ça nous fait envie à tous.
Nous avons soif et nous prenons un Coca Cola. Nous mangeons des sabritas
(chips et autres aliments peu nutritifs, « nourriture poubelle
» en espagnol). Plus tard, nous espérons pouvoir nous organiser
pour arrêter de consommer ce type de produits. Mais le faire est
quelque chose de difficile. Petit à petit, nous voyons ce qui
aide le peuple et ce qui ne laide pas. Mais nous avançons
pas à pas et ce sont ces mêmes pas qui définiront
le chemin à prendre. Il ne sagit pas dinterdire mais
de permettre à tous de prendre conscience. Il sagit dune
question de formation et dinformation. Les mass médias
et linformation pèsent énormément. Ce qui
est important, cest de poser des questions qui font réfléchir.
Et ensuite que cela se traduise dans les faits. Cest ça
le plus dur, faire que ça devienne réalité. Ça
ne servirait à rien que le Comité de bon gouvernement
interdise ce genre de choses. » (Comité de bon gouvernement
de Morelia)
Justice
Au
cours de cette première année de fonctionnement, les principaux
conflits ont été dordre agraire. Les Comités
de bon gouvernement cherchent à servir de médiateurs entre
les acteurs pour transformer les conflits : « Nous pensons
et nous croyons quil y a une autre façon dappliquer
la justice. Il ny a pas dargent en jeu. La première
chose, cest lenquête, voir ce qui sest passé.
Nous travaillons beaucoup la conciliation, la médiation, rester
neutres. Ensuite, nous réunissons les acteurs du conflit. Nous
nous appuyons beaucoup sur les us et coutumes, ce sont nos lois. Nous
savons aussi quil y a de mauvaises coutumes. Les anciens sont
très importants dans le processus de prise de conscience. Si
quelquun a volé, il faut voir pourquoi il a volé,
parce que nous avons tous des besoins. Nous travaillons avec les deux
parties. Nous appliquons les jugements. Si la personne reconnaît
son délit, elle réalise un travail collectif [comme sanction]
». (Comité de bon gouvernement de Morelia)
Dans la région frontière (La Realidad), il existe de nombreux
problèmes du fait de la présence dimmigrés
sans papiers. Au moment de notre visite, les zapatistes avaient arrêté
un pollero (trafiquant dimmigrés) vu que, dans les territoires
zapatistes, le trafic de personnes, de drogues, dalcool et darmes
est interdit. Il a été puni par la Comité de bon
gouvernement et devra travailler pendant 6 mois à la construction
dun pont qui bénéficiera aux communautés,
afin de réfléchir sur ses actes.
Des personnes non zapatistes se rendent aussi dans les Comités
de bon gouvernement pour résoudre leurs conflits, face aux problèmes
de corruption et dimpunité de la justice « officielle
». Un Comité de bon gouvernement nous a raconté
quune personne dune organisation non zapatiste avait reçu
largent de son billet de bus par la mairie (constitutionnelle)
en montrant le document que lui avait fait parvenir le Comité
de bon gouvernement pour quil vienne y faire sa déclaration.
Par le biais de leur autonomie, les peuples zapatistes ne sont pas seulement
en train de reconstruire leur culture en récupérant leurs
langues, leurs façons de cultiver et leur propre sagesse. Ils
essayent aussi de créer une démocratie participative réelle.
Paradoxalement, quelque chose daussi logique et raisonnable sest
transformé en une lutte de résistance face à un
monde qui va à la dérive, dans lequel clamer en faveur
de lhumanité passe par une opposition au modèle
de « développement » imposé par le
système capitaliste. Lautonomie zapatiste contribue à
créer une fissure dans léchafaudage de cette organisation
mondiale où le capital est au-dessus des valeurs humaines et
où le marché est plus fort que léthique.
Les zapatistes nous montrent un chemin, leur chemin. Ils font ce quils
font, avancent et toujours se posent des questions.
Quant à nous autres, assis face à eux, nous ne pouvons
que nous demander ce que nous faisons pour transformer ce monde où
linégalité et la violence semblent nécessaires
pour alimenter la richesse de quelques-uns.
Traduction
DIAL.
En cas de reproduction,
mentionner la source DIAL.