DIAL D 2848 du 16 au 31 décembre 2005

ARGENTINE


Mots-clefs
: Episcopat, terrorisme, dictature, disparus

Polémiques sur un texte épiscopal

 

Le Conférence épiscopale argentine a publié le 11 novembre 2005 une déclaration intitulée La doctrine sociale de l’Eglise. Une lumière pour reconstruire la nation. Dans deux paragraphes, elle s’exprime sur la façon dont certains font référence aujourd’hui au temps de la dictature, parlant à ce sujet de vision manichéenne et biaisée des faits. La vigueur de certaines réactions suffit à montrer à quel point la blessure reste profonde. En dépit des importantes évolutions faites, la vérité reste difficile à reconnaître sans ambages par les autorités ecclésiastiques. On sait que l’Eglise d’Argentine, et notamment nombre d’évêques, prêtres ou religieux, s’est gravement compromise, par ses pratiques et ses silences, avec le pouvoir dictatorial et ses méthodes. Pour cette période dominée par le pouvoir militaire de 1976 à 1983, le nombre de morts et disparus est estimé entre 20 000 et 30 000. On a dénombré à travers le pays 340 «camps de concentration», dont le plus tristement célèbre est l’ESMA (Ecole de mécanique de la marine). Après le texte des évêques, nous avons choisi de publier deux réactions : en premier lieu celle d’Adolfo Pérez Esquivel, Prix Nobel de la Paix, ensuite celle d’Alvaro Pino Coviello, enseignant et journaliste. Tous deux y expriment une indignation, fortement animée par leur foi. Il est bien évident qu’il y eut également des réactions favorables au texte épiscopal. Nous ne parlerons pas de celles-ci, pas plus que d’un autre point qui a suscité une vive réaction du président Néstor Kirchner qui a vu dans les passages de la déclaration épiscopale concernant la situation sociale actuelle du pays, une critique de sa politique.