Dans une lettre de novembre dernier, dont la diffusion
était restée fort discrète, le cardinal Arinze,
préfet de la Congrégation pour le culte divin et la discipline
des sacrements, informait Mgr Felipe Arizmendi, évêque
de San Cristóbal de Las Casas (Chiapas), que les ordinations
de diacres permanents étaient suspendues dans son diocèse.
Mgr Samuel Ruiz, dit Tatic (père), lévêque
des Indiens, qui fut à la tête de ce diocèse pendant
40 ans, avait choisi dordonner de nombreux diacres indigènes
mariés, tout en espérant quun jour ils pourraient
être autorisés à accéder au sacerdoce. Le
diocèse comporte aujourdhui 335 diacres, pour un total
de quelque 80 prêtres. La disproportion est jugée menaçante
pour la prééminence sacerdotale traditionnelle. De plus,
le danger, aux yeux de Rome, est quune telle pratique fasse espérer
un jour lexistence dun sacerdoce marié. La politique
de Mgr Samuel Ruiz se comprenait dautant mieux que, pour les indigènes,
un homme célibataire nest pas vraiment adulte et ne saurait
exercer une responsabilité pour la communauté. Ordonner
tant de diacres mariés et espérer un changement sur le
célibat des prêtres, cen était trop pour Rome.
Une suspension des ordinations fut exigée en 2000 du successeur
de Samuel Ruiz, Felipe Arizmendi. Elle vient dêtre vigoureusement
confirmée.
Nous publions ci-dessous, outre un éditorial spécial,
le texte de la lettre du cardinal Arinze et la réaction que nous
a fait parvenir le théologien et prêtre mexicain zapothèque,
Eleazar López Hernández, principal promoteur de la théologie
indienne, bien connu de nos lecteurs.